J’ai pigé l’insomnie dans le sac des vulnérabilités!

On ne choisit pas ses vulnérabilités
«Tu as bien dormi?»
«J’ai l’impression d’avoir passé la nuit sur la corde à linge!»
Si ça t’arrive aussi, on est au moins deux.
Pendant que certaines personnes dorment comme des bûches, d’autres se tournent et se retournent dans leur lit en espérant trouver le sommeil.
Et c’est franchement fâchant.
Ah…l’injustice de la vie!
Je peux en parler avec un peu d’humour aujourd’hui parce que je connais bien l’insomnie et que je connais aussi les stratégies qui peuvent aider. Mais une chose me semble particulièrement importante à comprendre lorsqu’on vit des difficultés de sommeil: on ne choisit pas ses vulnérabilités.
Bien sûr, je n’ai pas choisi de vivre de l’insomnie. D’emblée, certaines caractéristiques peuvent rendre une personne plus vulnérable à développer des difficultés de sommeil, par exemple certains facteurs biologiques, l’hérédité ou le fait d’être une femme.
Certaines personnes sont tout simplement plus à risque de développer de l’insomnie.
Bref, nous ne partons pas tous avec le même sac à dos.
Si tu as tendance à avoir un discours critique envers toi-même, je t’encourage à essayer de le remplacer par un discours plus bienveillant.
Tu n’as pas choisi de vivre de l’insomnie et tu t’en serais probablement bien passé.
Un épisode d'insomnie par-ci, par-là...
On peut avoir une certaine vulnérabilité sans nécessairement souffrir d’insomnie.
Puis, un jour, arrive une période de stress. Un événement difficile. Des soucis. Un conflit. Un deuil. Une maladie. Un changement d’emploi. Une transition de vie. Des inquiétudes financières. Une période particulièrement exigeante.
Et voilà que le sommeil commence à se dérégler.
Dans mon cas, dès que je traverse une période plus stressante ou que j’ai à composer avec de la douleur (sans parler des changements hormonaux), mon sommeil devient plus fragile.
C’est ce qu’on appelle un facteur précipitant: quelque chose vient contribuer au déclenchement d’un épisode d’insomnie.
On peut alors parler d’insomnie aiguë ou situationnelle.
Dans cette situation, on peut entre autres chercher des solutions concrètes lorsqu’un problème peut être résolu, ou du moins en partie. On peut aussi utiliser différentes stratégies de gestion du stress et prendre du temps pour relaxer.
Parfois, ça finit par passer et le sommeil revient tranquillement à la normale…
Sauf lorsque certains facteurs commencent à entretenir les difficultés de sommeil.
En route vers le cercle vicieux de l’insomnie
Certains comportements et certaines pensées peuvent, sans qu’on le veuille, contribuer à maintenir les difficultés de sommeil.
Il t’arrive peut-être de…
- passer davantage de temps au lit, dans l’espoir de récupérer;
- te coucher beaucoup plus tôt;
- faire des siestes;
- regarder ton téléphone dans ton lit en attendant que le sommeil arrive;
- boire davantage de café pour traverser tes journées;
- prendre un petit verre d’alcool en pensant qu’il t’aidera à dormir.
Et surtout, on peut commencer à s’inquiéter de son sommeil.
«Il faut absolument que je dorme.»
«Et si je ne m’endors pas?»
«Ma journée de demain va être pénible.»
«Je vais être complètement épuisé.e.»
«Pourquoi je ne suis pas capable de dormir comme les autres?»
Peut-être que tu…
- surveilles l’heure;
- calcules mentalement le nombre d’heures de sommeil que tu risques d’avoir;
- essaies de toutes tes forces de t’endormir.
Le problème, c’est que le sommeil n’est pas quelque chose qu’on peut forcer.
Plus on essaie de dormir, plus on peut se retrouver en état d’alerte: on surveille, on analyse, on anticipe… et on s’éloigne justement des conditions qui favorisent l’endormissement.
Plus on s’inquiète de ne pas dormir, plus le lit peut éventuellement devenir associé à l’éveil, aux préoccupations et à la frustration plutôt qu’au sommeil.
Et voici le cercle vicieux de l’insomnie qui s’installe.
Accepter... et agir sur ce que l'on peut contrôler
J’ai donc appris, avec le temps, à accepter les mauvaises nuits et à mettre en place des moyens qui m’aident à passer malgré tout d’assez bonnes journées.
Mais je sais qu’en pratique, ce n’est pas si facile.
Si tu as tendance à anticiper les conséquences d’une mauvaise nuit pendant la journée qui suit, je peux te rassurer sur une chose: c’est très fréquent chez les personnes qui consultent pour des difficultés de sommeil.
Et j’aime beaucoup rappeler à mes clients qu’on ne choisit pas ses vulnérabilités.
Tu n’as pas choisi d’être plus sensible au stress ou d’avoir un sommeil plus fragile.
Tu n’as pas choisi les épreuves que tu as traversées.
Tu n’as certainement pas choisi de passer une partie de la nuit à regarder le plafond en te demandant pourquoi tout le monde semble dormir sauf toi.
Mais il y a une bonne nouvelle.
Même si on ne peut pas contrôler certaines choses, on peut agir sur plusieurs facteurs qui entretiennent les difficultés de sommeil.
C’est notamment ce qu’on travaille avec la thérapie cognitive et comportementale de l’insomnie (TCC-I), qui constitue le traitement psychologique de première intention recommandé pour l’insomnie chronique chez l’adulte.
On ne cherche pas à «réussir» à dormir.
On cherche plutôt à recréer des conditions favorables au sommeil et à rétablir progressivement les associations et les processus qui favorisent un meilleur sommeil.
On ne peut pas forcer le sommeil, mais on peut apprendre à mieux dormir!
J’ai rassemblé dans un cahier des outils concrets inspirés de la TCC-I pour t’aider à mieux comprendre ton sommeil et à mettre en place des changements pour favoriser de meilleures nuits.
Par Dre Maude Hélie psychologue
29 septembre 2026
Si tes difficultés de sommeil entrainent une détresse et affectent ton fonctionnement, n’hésite pas à consulter un professionnel de la santé. Cet article est à visée éducative et ne peut remplacer une telle consultation.
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